Activités récréatives

Key Elements

Tout établissement de privation de liberté doit mettre à la disposition des détenu·e·s un programme proposant des activités récréatives visant à maintenir ou améliorer leur état de bien-être général.

Les activités à visée avant tout récréative doivent être distinctes du travail ou de la formation en prison. Elles peuvent être aussi bien sportives que socio-culturelles. Les activités récréatives constituent des activités supplémentaires qui devraient pouvoir être réalisées en dehors des heures consacrées au travail ou à la formation et non à la place de celles-ci.

Les établissements devraient avoir à disposition du personnel disponible pour l’organisation et la mise en place de ces activités ainsi que des installations et des locaux appropriés.

Toute personne détenue devrait avoir l’opportunité de participer à des activités récréatives si elle le désire, indépendamment de son sexe, de son âge, de sa nationalité, de son orientation sexuelle ou encore de sa santé physique ou mentale.

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Analyse

Buts des activités récréatives

Si les activités récréatives ne sont généralement pas considérées comme une priorité en détention, elles remplissent cependant des fonctions importantes :

  1. Elles permettent tout d’abord aux personnes détenues de passer moins de temps enfermées dans leur cellule, ce qui est particulièrement important pour les personnes en cellule individuelle qui n’effectuent pas de travail durant leur incarcération.
  2. Les activités récréatives ont également pour but de structurer les journées des détenu·e·s et de diminuer les tensions inhérentes à la privation de liberté, en les occupant de manière constructive, et en réduisant les risques de développer des symptômes dépressifs. Si les activités récréatives ont une fonction occupationnelle, elles ont aussi pour but d’améliorer le bien-être physique et psychique des personnes concernées.
  3. Finalement, les activités récréatives devraient faire partie intégrante du régime de détention étant donné qu’elles peuvent également contribuer à la réinsertion. Etant souvent réalisées en groupe, ces activités participent à la socialisation des personnes détenues et peuvent également favoriser les contacts avec la société civile (lorsqu’elles sont organisées avec des intervenant·e·s externes). De plus, lorsque les détenu·e·s ont la possibilité de proposer et de participer à l’organisation d’évènements et d’activités ponctuels au sein des prisons, la responsabilisation et la prise d’initiative se voient encouragées. Pour que ces activités remplissent un but de réinsertion, celles-ci ne doivent pas être obligatoires, mais encouragées, afin de laisser le libre choix à la personne concernée.
Types d’activités récréatives

Les activités sportives contribuent à la bonne santé physique des personnes détenues. La pratique du sport permet également de diminuer le niveau de stress et de tension chez les détenu·e·s et d’entretenir ou améliorer leur santé psychique. Les sports d’équipe, qui permettent de favoriser le contact social, devraient aussi être encouragés.

Les activités sportives devraient être organisées en supplément de la promenade quotidienne et peuvent se traduire par : un accès régulier à une salle de musculation ou encore la pratique d’un sport collectif dans une salle dédiée à cet effet, ou en extérieur. Toutefois les loisirs proposés en prison ne doivent pas se limiter pas aux seules activités sportives.

Il est recommandé que les prisons proposent également des activités socio-culturelles ; celles-ci peuvent prendre des formes diverses telles que la mise en place d’ateliers d’écriture, la diffusion de films à intervalle régulier, des cours de théâtre, de musique ou encore des activités de créations artisanales ou d’arts plastiques. De nombreux établissements disposent également d’une bibliothèque, offrant la possibilité de développer ou d’acquérir de nouvelles connaissances. Les bibliothèques poursuivent donc un but récréatif mais aussi éducatif. Cependant, les bibliothèques des établissements pénitentiaires ne sont généralement pas ouvertes le soir ou les weekends, limitant ainsi leur accès. Elles doivent contenir des ouvrages dans les langues les plus fréquemment parlées par les détenu·e·s.

Organisation et infrastructures

Les activités récréatives peuvent être organisées selon différentes formules : un établissement peut proposer plusieurs activités de manière régulière (accès à la salle de sport, cours de musique etc.),  mais des activités ponctuelles peuvent également être organisées (tournoi de football, concerts, ou pièces de théâtre au sein de l’établissement).

Afin de permettre à tous de participer aux activités récréatives, celles-ci devraient se dérouler à des heures différentes de celles prévues pour les promenades. De même, étant donné que certain·e·s détenu·e·s travaillent ou suivent une formation pendant leur incarcération, ces personnes devraient pouvoir, dans la mesure du possible, participer à des activités récréatives en supplément de leur temps dédié au travail ou à la formation.

Afin de permettre la réalisation d’activités en groupes, les établissements devraient posséder des locaux suffisamment spacieux. De plus, si pour certaines activités un local mis à disposition peut suffire, d’autres activités spécifiques, telles que des activités artistiques, requièrent une organisation particulière en termes d’aménagement des locaux, de matériel à disposition et de personnel pour leur encadrement.

Animation des activités

Le personnel de l’établissement (agents pénitentiaires, travailleurs sociaux etc.) peut suffire à la supervision de certaines activités, telles que les activités sportives, mais d’autres nécessitent la présence d’intervenant·e·s externes rémunéré·e·s ou bénévoles possédant des qualifications spécifiques (par exemple pour les arts plastiques ou des cours de yoga). La collaboration avec des intervenant·e·s externes permet également la mise en place d’activités ponctuelles en plus des activités régulières. Cependant, même sans contribution de la société civile, les autorités pénitentiaires doivent s’efforcer de mettre à disposition des personnes détenues un éventail d’activités aussi diversifié que possible.

Accès aux activités

L’équité dans l’accès aux loisirs doit prévaloir et les personnes détenues devraient être informées des activités proposées au sein de l’établissement dès leur arrivée. En pratique, le nombre de places disponibles pour ces activités est souvent limité et pour éviter toute discrimination, l’accès doit être transparent et basé sur des critères objectifs.

Dans les prisons où existe une forte hiérarchie informelle,  le risque existe que les détenu·e·s se trouvant au sommet de cette hiérarchie décident de qui a accès à certains services/activités (tels que la salle de sport) au détriment des autres.
Il est particulièrement important de s’assurer que les détenu·e·s condamné·e·s à de longues peines se voient offrir la possibilité de participer à des activités aussi variées que possible, étant donné que ces personnes sont encore plus sujettes aux effets néfastes que peut engendrer la privation de liberté.

Les personnes placées en détention provisoire devraient également avoir accès aux activités récréatives. Etant généralement privées de la possibilité d’effectuer un travail en détention, il est particulièrement important qu’elles puissent participer à des activités diversifiées afin de structurer et d’occuper leurs journées.

Enfants

Les activités récréatives sont particulièrement importantes pour les détenu·e·s mineurs, afin de répondre notamment à leur besoin de développement. Ces activités devraient pouvoir être constructives, diversifiées et s’effectuer en groupes afin d’encourager au maximum les interactions avec d’autres enfants (dans un objectif de socialisation). De même, les jeunes adultes requièrent une attention particulière et devraient se voir offrir des activités qui répondent non seulement à leur besoin d’activité physique mais qui soient aussi stimulantes intellectuellement. De plus, si l’offre d’activités doit être adaptée, un personnel qualifié et formé spécifiquement pour travailler avec des enfants et des jeunes adultes est également requis.

Femmes
Enfants

Les femmes en détention bénéficient parfois d’un éventail d’activités beaucoup plus limité que les hommes, étant moins nombreuses et détenues généralement dans des quartiers plus restreints et moins aménagés. Il est important pour toute prison accueillant des femmes, de s’assurer que ces-dernières aient la possibilité de participer à des activités récréatives aussi diversifiées et constructives que celles offertes aux hommes. Elles ne devraient pas avoir uniquement accès à des activités stéréotypées (couture, broderie, etc.), qui renforcent une vision stigmatisante du rôle de la femme. La situation est souvent particulièrement problématique voire discriminatoire pour les filles mineures privées de liberté.

Personnes étrangères

Les détenu·e·s étrangers(-ères), se voient parfois défavorisé·e·s face aux activités proposées en prison. Bien qu’il soit difficile de proposer des loisirs qui permettent la participation de tous (par exemple un atelier d’écriture pour lequel la maîtrise de la langue du pays est souvent requise), il est important de prendre en considération la situation des détenu·e·s étranger(-ères) en détention, afin d’assurer qu’elles ne soient pas discriminées dans l’accès aux activités récréatives.

Minorités et peuples autochtones

Les personnes issues de minorités ou de peuples autochtones font parfois face à des inégalités dans l’offre d’activités récréatives en détention. Il est donc important de prendre en considération la culture de ces personnes afin de leur proposer, dans la mesure du possible, une offre d’activités qui corresponde à leur culture et à leurs pratiques. De plus,  la langue ne devrait pas être un obstacle à la participation aux activités récréatives.

Personnes handicapées

Les personnes avec un handicap physique ou mental ne doivent pas être discriminées dans l’accès aux activités récréatives. Il est donc nécessaire que les activités récréatives soient adaptées, en termes d’infrastructure et de contenu. De plus, ces personnes pouvant se retrouver particulièrement isolées en détention, il est important de les encourager à participer à de telles activités (tout en gardant à l’esprit que leur participation doit rester volontaire).

Personnes LGBTI

Les personnes LGBTI privées de liberté doivent bénéficier du même accès aux activités récréatives. Les pratiques consistant  à mettre volontairement à l’écart des activités les personnes LGBTI pour des raisons de sécurité, ou pour des motifs discriminatoires ne doivent pas être tolérées. De la même manière, les personnes LGBTI ne doivent pas être contraintes de participer aux activités récréatives.

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Questions pour le monitoring

Les personnes détenues ont-elles accès à des activités récréatives ? Si oui, à quelle fréquence ?

Quelles sont les activités sportives proposées ?

Quelles sont les activités socio-culturelles proposées ?

Les activités récréatives sont-elles proposées en sus de la promenade quotidienne (en particulier les activités sportives) ?

Quels arrangements sont pris afin que toutes les personnes détenues (y compris celles qui travaillent ou suivent une formation) aient accès à des activités récréatives ?

L’établissement possède-t-il des locaux spécifiques pour la mise en place des activités sportives ? Quel est l’état de ces locaux ? Quel matériel est mis à disposition ?

L’établissement possèdent-ils des locaux spécifiques pour la mise en place d’activités socio-culturelles ? Quel est l’état de ces locaux ? Sont-ils suffisamment spacieux et possèdent-ils le matériel nécessaire ?

L’établissement possèdent-ils des locaux spécifiques pour la mise en place d’activités socio-culturelles ? Quel est l’état de ces locaux ? Sont-ils suffisamment spacieux et possèdent-ils le matériel nécessaire ?

Le nombre de places pour les activités récréatives est-il limité ? Qui a pour tâche de choisir les détenu·e·s qui ont accès à ces activités ? Sur quels critères se base ce choix?

Femmes
Personnes étrangères
Personnes handicapées
Minorités et peuples autochtones
Enfants
Personnes LGBTI

Y a-t-il des indications selon lesquelles l’accès aux activités est refusé à certain·e·s  détenu·e·s sur une base discriminatoire ?

A quels types d’activités les personnes condamnées à de longues peines ont-elles accès?

Les personnes en détention provisoire ont-elles accès à des activités récréatives ?

Enfants

Les enfants et les jeunes adultes privés de liberté se voient-ils offrir des activités constructives qui répondent à leur besoin de développement ?

Femmes
Enfants

Les femmes et les mineures ont-elles accès à des activités similaires à celles proposées aux hommes détenus ?

Personnes étrangères

Les activités proposées sont-elles adaptées aux personnes étrangères (notamment concernant la langue utilisée)?

Minorités et peuples autochtones

Les activités sont-elles adaptées aux personnes issues de minorités? Quels types d’activités leur sont proposés ?

Personnes handicapées

Les personnes avec un handicap physique ou mental ont-elles la possibilité de participer à des activités récréatives ? Si oui, lesquelles ?

Personnes LGBTI

Les personnes LGBTI sont-elles discriminées dans l’accès aux activités récréatives ?

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