Thaïlande : Réduire les risques de torture grâce à des garanties procédurales efficaces

jeudi, 19 juillet 2018

Au cours des trois prochaines années, l'APT se lancera dans un projet national axé sur la mise en œuvre effective de garanties procédurales visant à réduire les risques de torture et de mauvais traitements. Ce projet sera mis en œuvre en coopération avec la société civile et les autorités. Le 9 juillet, l'APT a signé un protocole d'accord avec le Département de la protection des droits et libertés du Ministère de la Justice, afin de renforcer davantage notre coopération institutionnelle.

Le projet comprend non seulement une étude de référence qualitative, un soutien technique et une formation pour les autorités, mais aussi une campagne nationale. Il a été conçu sur la base des résultats d'une recherche mondiale qui a identifié les garanties procédurales pendant les premières heures de la détention – telles que l’information sur les droits, la notification des familles et l'accès à un∙e avocat∙e – comme ayant le plus d’impact pour réduire les risques de torture et de mauvais traitements. Il a reçu un fort soutien de partenaires locaux, tels que la Commission nationale des droits de l'homme de Thaïlande ainsi que des organisations de la société civile.

La collaboration avec le Ministère de la Justice a débuté le 10 juillet par une discussion de groupe pour une trentaine d’officiers de la police et de l’armée, ainsi que d’avocats. Cet échange visait à mieux comprendre les réalités sur le terrain et à instaurer une relation de confiance avec les autorités. Les résultats font partie de l'étude de référence qui servira de point de départ aux stratégies de plaidoyer de l'APT avec d'autres partenaires. L'étude de référence comprend également une enquête menée auprès d'organisations de la société civile, ainsi que des entretiens avec d'ancien∙ne∙s détenu∙e∙s, des membres de leur famille et des médecins légistes.

Bien que le but final du projet soit d'améliorer la mise en œuvre des garanties procédurales par les autorités thaïlandaises, ceci ne pourra être réalisé efficacement que si tous les acteurs nationaux y participent. « Il est normal que le gouvernement et la société civile rencontrent des défis en travaillant ensemble ; mais cela doit changer, et l'APT continuera à encourager les efforts pour une telle collaboration », a conclu Shazeera Zawawi, Responsable du programme Asie-Pacifique de l’APT. « C’est seulement ensemble que nous pourrons prévenir la torture. »