Le MNP du Sénégal à la recherche d'un dialogue coopératif en vue de la visite du SPT

mardi, 4 décembre 2012

Le Mécanisme national de prévention sénégalais, en collaboration avec l'APT et Amnesty International Sénégal, organise une consultation nationale sur le fonctionnement de la nouvelle institution, l'Observatoire national des lieux de privation de liberté, presque une année après sa création officielle.

Le 5 décembre 2012, sur invitation de M. Boubou Diouf Tall, Chef du MNP sénégalais, les acteurs concernés se réuniront à Dakar pour débattre sur les défis et les perspectives qui attendent  l'Observatoire national des lieux de privation de liberté.

"Il est important de faire connaître l'institution à toutes les autorités et à tous les services concernés pendant ses premiers stades. Il est également important de construire une relation de confiance dès ses débuts ainsi que de convaincre les autorités responsables de la détention du bien fondé de l'approche préventive du MNP." C'est le conseil que Jean Marie Delarue, Chef du MNP français, a donné à son homologue sénégalais M. Tall lors de sa visite en France en juillet 2012. Suivant ces recommandations, cette consultation nationale vise à établir les bases d'un dialogue coopératif avec les acteurs concernés qui, à leur tour, aideront l'Observatoire à affronter ses défis. Elle vise aussi à renforcer la sensibilisation et la transparence au sujet des principes directeurs de l'Observatoire national de même que des obligations qui incombent aux autorités étatiques. Il est prévu que les participants discutent des principaux problèmes liés à la torture au Sénégal et des moyens d'établir un dialogue coopératif.

 

Construir une légitimité

Cette consultation nationale sera également l'occasion de faire mieux connaître le rôle et le fonctionnement du Sous-comité des Nations Unies pour la prévention de la torture (SPT) et notamment sa visite au Sénégal du 10 au 13 décembre 2012. L'objectif principal de cette visite est de fournir des conseils et de l'assistance technique au MNP. On espère que la consultation nationale contribuera à la création d'un dialogue coopératif entre le SPT et les acteurs nationaux concernés et que ceci aidera le MNP à identifier les problèmes pour lesquels le SPT pourrait apporter une valeur ajoutée.  

Bien que l'Observatoire national ait été mis en place par une législation nationale qui comprend tous les éléments prévus par l'OPCAT, comme son indépendance, sa composition, son financement et l'immunité pour les membres du MNP, il a besoin de bien plus pour devenir réellement opérationnel et efficace. La mise en œuvre de cette base juridique est particulièrement difficile lorsqu'il s'agit de créer une nouvelle institution spécialisée qui exerce la fonction de MNP, comme c'est le cas au Sénégal. Non seulement cette nouvelle institution doit mettre au point sa propre structure interne, ses méthodes de travail, son plan d'activités, etc., mais elle doit aussi construire sa propre légitimité et gagner la confiance des acteurs concernés.

Pourrait devenir bonne pratique

De plus, le MNP sénégalais est le seul exemple en Afrique d'un nouvel MNP désigné par un processus inclusif et participatif. Il n'existe donc aucune autre expérience dans la région que le Sénégal pourrait considérer comme une bonne pratique à suivre. De nombreux acteurs régionaux et internationaux attendent beaucoup du MNP sénégalais et espèrent qu'il sera le premier MNP africain  pleinement opérationnel et efficace. A la lumière de l'engagement historique du Sénégal dans la promotion des droits de l'homme et de son influence dans la région, on espère que son rôle de premier plan dans le processus de mise en place d'un MNP puisse avoir un impact sur d'autres processus nationaux similaires en Afrique.