Kirghizstan : Le monitoring des lieux de détention pour prévenir la torture

Lundi, septembre 25, 2017

L’APT a organisé un atelier sur le monitoring de la détention pour le Mécanisme national de prévention (MNP) kirghize, le Centre national pour la prévention de la torture (CNPT), du 5 au 7 septembre à Bichkek. Rassemblant une vingtaine de membres du CNPT venus de la capitale ainsi que des bureaux régionaux, l’atelier visait à approfondir les connaissances des membres du MNP kirghiz sur la méthodologie de préparation, de mise en œuvre et de suivi des visites préventives dans les lieux de privation de liberté.

Au cours de l’atelier, une attention particulière a été accordée aux discussions sur l’identification et la gestion des vulnérabilités en détention, ainsi que sur la rédaction de rapports et le développement de recommandations ancrées dans une « perspective de changement ». Deux visites, celles d’un lieu de détention par la police et d’un centre de détention provisoire à Bichkek, ont permis de voir l’application concrète de la méthodologie du monitoring de la détention.

Le Kirghizistan et le Kazakhstan sont les deux seuls pays d’Asie centrale qui ont ratifié le Protocole facultatif à la Convention de l'ONU contre la torture (OPCAT). Après la ratification de cet instrument clé de la prévention de la torture en 2008, le Kirghizistan a désigné son MNP, qui est devenu opérationnel en 2014. Depuis, le CNPT s’est transformé en une institution dont le mandat est bien connu des autorités en charge des lieux de privation de liberté, et a fait en moyenne près de mille visites par an depuis 2015.

D’un point de vue légal, le MNP kirghize est solidement ancré dans une loi qui définit la torture en accord avec la Convention de l’ONU contre la torture. Cette loi établit aussi une structure institutionnelle, régie par les principes de représentation ethnique et régionale, et dont le Conseil de coordination inclut le Médiateur ainsi que des membres du Parlement et des organisations de la société civile.

L’APT poursuivra son engagement avec le CNPT au Kirghizistan en 2018 sur la base d’une subvention de la part du Fonds spécial pour l’OPCAT.