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La prévention de la torture: Est-ce que ça marche?

Quelles mesures – si tant est qu’il y en ait – sont efficaces pour réduire le risque de torture et d’autres mauvais traitements? Telle est la question générale traitée dans « La prévention de la torture: Est-ce que ça marche? » (titre original en anglais "Does Torture Prevention Work?") Cet ouvrage est le résultat d’un projet de recherche mené sur quatre ans, mandaté par l’APT et réalisé de manière indépendante sous la direction de Richard Carver, Oxford Brookes University et Lisa Handley.

L’APT n’a ménagé aucun effort pendant presque 40 ans pour réaliser l’idée d’un système mondial de prévention de la torture. Aujourd’hui, après un long chemin, nous sommes satisfaits de constater qu’il existe des mécanismes nationaux, régionaux et internationaux de monitoring des lieux de détention. Plus de 80 États ont signé le Protocole facultatif à la Convention des Nations Unies contre la torture, constituant ainsi un système mondial de prévention de la torture.

Mais comment savoir si ces organismes de surveillance sont efficaces? Et quelles seraient les autres mesures susceptibles de contribuer à la réduction des risques de torture et de mauvais traitement? En 2011, nous avons décidé qu’il était temps de répondre à cette question: le travail de prévention de la torture est-il efficace?

Oui, sans aucun doute!

En mandatant cette recherche indépendante, notre objectif était d’obtenir des preuves fondées de l’efficacité des mesures visant à prévenir la torture.
Aujourd’hui, il est établi que le travail de prévention de la torture produit des résultats, même si certaines mesures sont plus efficaces que d’autres. L’aspect le plus important est l’ensemble des garde-fous devant être mis en œuvre dans les premières heures et les premiers jours après l’incarcération d’une personne. La possibilité d’informer la famille ainsi que l’accès à un avocat indépendant sont des facteurs ayant un impact déterminant sur la réduction des risques de torture. Autres éléments significatifs s’inscrivant dans cette stratégie: la conduite systématique d’enquêtes dans les cas de torture et les poursuites engagées contre les tortionnaires, de même que la création d’organismes de surveillance indépendants.

Dans cette interview, Richard Carver et Lisa Handley commentent les principaux résultats de l’étude ainsi que certains problèmes liés à la méthodologie auxquels ils ont été confrontés pendant les recherches.

Les résultats du projet de recherche seront d’une grande pertinence pour les gouvernements, les mécanismes nationaux de prévention, la société civile, les institutions nationales des droits humains, les Nations Unies et les organismes régionaux de prévention de la torture. Ils seront utiles pour mettre en place des stratégies et des lignes d’action contre la torture.

Publication au mois de juillet

Cette étude est la première analyse systématique conduite pour vérifier l’efficacité du travail de prévention de la torture. Elle a été menée sous la direction de Richard Carver et de Lisa Handley. Aidés dans leur entreprise par une équipe de chercheurs spécialisés, ils ont effectué une analyse initiale portant sur 16 pays et sur une période de 30 ans (1985-2014). Les pays passés en revue sont l’Argentine, le Chili, l’Éthiopie, la Géorgie, la Hongrie, l’Inde, l’Indonésie, Israël, le Kirghisistan, la Norvège, le Pérou, les Philippines, l’Afrique du Sud, la Tunisie, la Turquie et le Royaume-Uni. L’analyse des données a inclus une combinaison de techniques quantitatives et des approches qualitatives.

L’ouvrage, publié par Liverpool University Press, est disponible depuis juillet 2016. L’APT a également publié un document d’analyse sur les répercussions de ce projet de recherche.

 

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