Personnel

L’environnement clos d’une prison génère un déséquilibre important des pouvoirs : les détenu·e·s dépendent presque complètement du personnel pour leurs besoins fondamentaux et pour le respect de leurs droits. Le personnel pénitentiaire est en contact avec les détenu·e·s au quotidien, et on ne peut sous-estimer l’importance de son rôle sur l’expérience de la détention des personnes privées de liberté. Le personnel des prisons doit donc posséder les compétences, connaissances et attitudes appropriées pour mener à bien son rôle dans le respect de la dignité et des droits humains.

Comme l’a remarqué le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) : « La pierre angulaire d’un système pénitentiaire à visage humain sera toujours un personnel soigneusement recruté et formé, qui sait adopter l’attitude appropriée dans ses relations avec les détenus et qui conçoit son travail plus comme une vocation que comme simple emploi. Savoir créer des relations positives avec les détenus doit être reconnu comme étant l’un des éléments clefs de cette vocation ».

Différents types de personnel en prisons

Différents types de personnel travaillent dans les prisons, notamment le personnel pénitentiaire (également désigné par les termes agent·e·s correctionnels ou de détention), le personnel spécialisé (comme les travailleurs sociaux, le personnel soignant et les psychologues) et l’équipe de direction qui ne porte pas d’uniforme. L’accent est mis ici sur le personnel pénitentiaire, qui gère le bon fonctionnement de la prison au quotidien.

Les agent·e·s de détention ont dans de nombreux contextes un rôle de plus en plus complexe : ils/elles peuvent être responsables de l’incarcération, de la classification, de la routine quotidienne, des mesures de sécurité et du programme d’activités des détenu·e·s, ainsi que de leur protection et de leur accès au monde extérieur. Une partie importante du rôle du personnel pénitentiaire devrait être d’offrir aux détenu·e·s la possibilité d’utiliser leur temps en prison de manière positive, afin qu’ils/elles puissent se réinsérer dans la société une fois libéré·e·s.

Le personnel pénitentiaire semble relativement négligé dans les études portant sur les prisons, notamment son contexte personnel, son attitude et son expérience de travail. Le personnel pénitentiaire a souvent une position sociale basse et souffre parfois de stéréotypes négatifs dans l’opinion publique et les média.

Principales problématiques

Afin d’attirer le personnel adéquat et de maintenir des effectifs compétents, motivés et engagés :

  • Les structures pénitentiaires devraient avoir une politique active de recrutement, et une idée précise des personnes qu’elles souhaitent recruter. La politique devrait fixer clairement la nature du travail et disposer de critères et de procédures de sélection, notamment relatifs au comportement, aux compétences et qualifications, ainsi que des critères de diversité.
  • Le personnel pénitentiaire devrait recevoir une formation initiale au moment de la prise de fonction ainsi que des occasions régulières de développement professionnel tout au long de la carrière. Les programmes de formation devraient être fondés sur la définition des objectifs du travail en milieu carcéral, et sur les principes des droits humains qui le sous-tendent.
  • Les conditions de travail devraient être favorables. Le personnel pénitentiaire devrait avoir le statut de fonctionnaire professionnel civil à plein temps, un salaire adéquat et des avantages et conditions de service favorables. Si le personnel se sent valorisé, en confiance et respecté dans son travail, il appliquera beaucoup plus volontiers ces principes dans le traitement des détenus.
  • Il faut également rechercher une certaine diversité dans les effectifs pénitentiaires, car cela peut apporter un degré de normalité à l’environnement carcéral et faciliter la communication entre le personnel et les détenu·e·s. Les procédures de sélection devraient mettre l’accent sur le respect de la diversité et l’ensemble des personnels devrait être formé à la diversité et à l’équité. Il faut également veiller à ce que cette politique prône la non-discrimination.

Institution et direction

Chaque prison a sa propre culture organisationnelle : l’atmosphère et les valeurs communes quant à la manière de faire les choses, ce qui a une influence significative sur les conditions de travail et l’expérience de travail du personnel.

Les normes internationales sont claires : les prisons devraient être gérées par des institutions civiles. Les institutions militaires ou policières sont généralement fortement hiérarchisées et régentées, et caractérisées par une méfiance vis-à-vis des détenus et une approche punitive de la détention. Cela se traduit souvent par une culture de violence, aux conséquences désastreuses pour les détenus et le personnel.

Dans certains contextes, la direction de la prison est aux mains d’entreprises privées. Cela a également des effets sur la culture organisationnelle, les conditions de services (les prisons de secteur privé ont un taux de syndicalisation moindre, moins de sécurité d’emploi et la direction a un plus grand pouvoir pour « recruter et licencier ») et sur la perception par le personnel de la qualité de sa vie professionnelle.

La direction a un rôle important à jouer, c’est elle qui détermine la culture et l’atmosphère qui prévalent dans la prison. Cela dépend beaucoup de la personnalité et du profil du directeur/de la directrice, et de sa capacité à s’attirer la confiance et la sympathie du personnel. Il est important pour les directeurs/-trices de prison de dépasser les objectifs purement bureaucratiques et de mettre en avant le contexte éthique et de motiver le personnel en lui rappelant la valeur de son travail.

Les procédures de recrutement sont essentielles pour garantir que les prisons aient des membres du personnel doté des aptitudes, des connaissances et de l'attitude nécessaires à la réalisation de leur rôle dans le respect de la dignité et des droits humains des détenu·e·s. Les systèmes pénitentiaires ont donc besoin d’une politique de recrutement...

Découvrir la problématique

La formation est importante afin que le personnel pénitentiaire soit doté des connaissances, compétences et des attitudes nécessaires à la réalisation de leur mission, dans le respect des droits et de la dignité des détenu·e·s. Le travail en prison et complexe et requiert donc une large palette de compétences. Les nouvelles recrues n’ont souvent aucune...

Découvrir la problématique

La perception par le personnel travaillant en prison de la qualité de ses conditions de travail et de la manière dont il est traité par sa direction et ses collègues a des effets importants sur l’atmosphère en détention et sur le traitement des détenu·e·s. Si le personnel se sent valorisé, en confiance et respecté dans son travail, il appliquera beaucoup...

Découvrir la problématique

Filtrer par

Accéder

Personnel

L’environnement clos d’une prison génère un déséquilibre important des pouvoirs : les détenu·e·s dépendent presque complètement du personnel pour leurs besoins fondamentaux et pour le respect de leurs droits. Le personnel pénitentiaire est en contact avec les détenu·e·s au quotidien, et on ne peut sous-estimer l’importance de son rôle sur l’expérience de la détention des personnes privées de liberté. Le personnel des prisons doit donc posséder les compétences, connaissances et attitudes appropriées pour mener à bien son rôle dans le respect de la dignité et des droits humains.

Comme l’a remarqué le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) : « La pierre angulaire d’un système pénitentiaire à visage humain sera toujours un personnel soigneusement recruté et formé, qui sait adopter l’attitude appropriée dans ses relations avec les détenus et qui conçoit son travail plus comme une vocation que comme simple emploi. Savoir créer des relations positives avec les détenus doit être reconnu comme étant l’un des éléments clefs de cette vocation ».

Différents types de personnel en prisons

Différents types de personnel travaillent dans les prisons, notamment le personnel pénitentiaire (également désigné par les termes agent·e·s correctionnels ou de détention), le personnel spécialisé (comme les travailleurs sociaux, le personnel soignant et les psychologues) et l’équipe de direction qui ne porte pas d’uniforme. L’accent est mis ici sur le personnel pénitentiaire, qui gère le bon fonctionnement de la prison au quotidien.

Les agent·e·s de détention ont dans de nombreux contextes un rôle de plus en plus complexe : ils/elles peuvent être responsables de l’incarcération, de la classification, de la routine quotidienne, des mesures de sécurité et du programme d’activités des détenu·e·s, ainsi que de leur protection et de leur accès au monde extérieur. Une partie importante du rôle du personnel pénitentiaire devrait être d’offrir aux détenu·e·s la possibilité d’utiliser leur temps en prison de manière positive, afin qu’ils/elles puissent se réinsérer dans la société une fois libéré·e·s.

Le personnel pénitentiaire semble relativement négligé dans les études portant sur les prisons, notamment son contexte personnel, son attitude et son expérience de travail. Le personnel pénitentiaire a souvent une position sociale basse et souffre parfois de stéréotypes négatifs dans l’opinion publique et les média.

Principales problématiques

Afin d’attirer le personnel adéquat et de maintenir des effectifs compétents, motivés et engagés :

  • Les structures pénitentiaires devraient avoir une politique active de recrutement, et une idée précise des personnes qu’elles souhaitent recruter. La politique devrait fixer clairement la nature du travail et disposer de critères et de procédures de sélection, notamment relatifs au comportement, aux compétences et qualifications, ainsi que des critères de diversité.
  • Le personnel pénitentiaire devrait recevoir une formation initiale au moment de la prise de fonction ainsi que des occasions régulières de développement professionnel tout au long de la carrière. Les programmes de formation devraient être fondés sur la définition des objectifs du travail en milieu carcéral, et sur les principes des droits humains qui le sous-tendent.
  • Les conditions de travail devraient être favorables. Le personnel pénitentiaire devrait avoir le statut de fonctionnaire professionnel civil à plein temps, un salaire adéquat et des avantages et conditions de service favorables. Si le personnel se sent valorisé, en confiance et respecté dans son travail, il appliquera beaucoup plus volontiers ces principes dans le traitement des détenus.
  • Il faut également rechercher une certaine diversité dans les effectifs pénitentiaires, car cela peut apporter un degré de normalité à l’environnement carcéral et faciliter la communication entre le personnel et les détenu·e·s. Les procédures de sélection devraient mettre l’accent sur le respect de la diversité et l’ensemble des personnels devrait être formé à la diversité et à l’équité. Il faut également veiller à ce que cette politique prône la non-discrimination.

Institution et direction

Chaque prison a sa propre culture organisationnelle : l’atmosphère et les valeurs communes quant à la manière de faire les choses, ce qui a une influence significative sur les conditions de travail et l’expérience de travail du personnel.

Les normes internationales sont claires : les prisons devraient être gérées par des institutions civiles. Les institutions militaires ou policières sont généralement fortement hiérarchisées et régentées, et caractérisées par une méfiance vis-à-vis des détenus et une approche punitive de la détention. Cela se traduit souvent par une culture de violence, aux conséquences désastreuses pour les détenus et le personnel.

Dans certains contextes, la direction de la prison est aux mains d’entreprises privées. Cela a également des effets sur la culture organisationnelle, les conditions de services (les prisons de secteur privé ont un taux de syndicalisation moindre, moins de sécurité d’emploi et la direction a un plus grand pouvoir pour « recruter et licencier ») et sur la perception par le personnel de la qualité de sa vie professionnelle.

La direction a un rôle important à jouer, c’est elle qui détermine la culture et l’atmosphère qui prévalent dans la prison. Cela dépend beaucoup de la personnalité et du profil du directeur/de la directrice, et de sa capacité à s’attirer la confiance et la sympathie du personnel. Il est important pour les directeurs/-trices de prison de dépasser les objectifs purement bureaucratiques et de mettre en avant le contexte éthique et de motiver le personnel en lui rappelant la valeur de son travail.

Recrutement

Les procédures de recrutement sont essentielles pour garantir que les prisons aient des membres du personnel doté des aptitudes, des connaissances et de l'attitude nécessaires à la réalisation de leur rôle dans le respect de la dignité et des droits humains des détenu·e·s. Les systèmes pénitentiaires ont donc besoin d’une politique de recrutement...

Découvrir la problématique

Formation du personnel pénitentiaire

La formation est importante afin que le personnel pénitentiaire soit doté des connaissances, compétences et des attitudes nécessaires à la réalisation de leur mission, dans le respect des droits et de la dignité des détenu·e·s. Le travail en prison et complexe et requiert donc une large palette de compétences. Les nouvelles recrues n’ont souvent aucune...

Découvrir la problématique

Conditions de travail

La perception par le personnel travaillant en prison de la qualité de ses conditions de travail et de la manière dont il est traité par sa direction et ses collègues a des effets importants sur l’atmosphère en détention et sur le traitement des détenu·e·s. Si le personnel se sent valorisé, en confiance et respecté dans son travail, il appliquera beaucoup...

Découvrir la problématique